Dans la verdoyante vallée granitique du Chambon, où coule la Tardoire,
les premiers contreforts métamorphiques du Limousin, prémices du
Massif central, viennent embrasser les plats calcaires de la Charente.
Dès l’arrivée dans la vallée, un arbre majestueux attire irrésistiblement
le regard en dépassant de très haut le toit des bâtiments : c’est le platane du Chambon,
dont le reflet ondule paisiblement en surface de l’étang tout proche. Cet arbre est devenu
l’emblème du Centre de plein air du Chambon.
Ici, à quelques kilomètres de la Dordogne et de la Haute-Vienne, on accueille des groupes
organisés et plus particulièrement des enfants, pour l’initiation et la pratique de sports
de nature tels que le kayak, l’escalade ou encore la spéléologie. Environ 15 000 personnes
à l’année viennent ici : c’est dire si cet arbre voit passer du monde ! Il est le point de rendez-
vous pour le départ des groupes, un point de repère, celui que l’on cherche inconsciemment
du regard pour se situer, celui sous lequel on aime se retrouver tout au long
de la journée : il est le rassembleur.
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La carte des arbres de France
À la fois abri et source de nourriture pour nombre d’insectes, d’oiseaux et de petits mammifères, ce platane dressé au centre du parc du château du Mayne, à Barsac, se détache avec majesté sur fond de collines de l’Entre-deux-Mers. Il se murmure que, sans lui, les vins de Sauternes, issus des vignes du domaine, n’auraient pas la même saveur… C’est du moins ce que nous confie Gilles Bourjade, son propriétaire, persuadé qu’avec la petite population animale qu’il héberge et la grande ombre qu’il porte sur la vigne, ce platane joue un rôle crucial et contribue à la maturité du raisin. Celui-ci tient sûrement, pense-t-il, en grande partie aux chants des oiseaux (les trilles des étourneaux en particulier) qui exercent sur la vigne un effet bénéfique. Un véritable atout pour la production en culture biologique. C’est une très belle façon de voir et de ressentir les choses. Ce jour-là, alors que les prises de vues s’enchaînent, l’alouette lulu qui chante non loin semble acquiescer.
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Ils sont huit. Huit platanes centenaires qui composent ce que l’on devine être une ancienne allée. Le plus gros, dont l’âge est estimé à 350 ans, en impose par sa force et son port gracieux. Il est pratiquement situé au centre. Il magnétise le regard et l’on jurerait que les différentes perspectives n’ont été envisagées que pour lui rendre hommage. À quelques mètres, un étang dans lequel il doit plonger profondément ses racines. Des martins-pêcheurs s’y livrent à des courses effrénées, tandis que des bernaches vadrouillent le long des berges. Le tout compose un paysage romantique. « Il y a eu plusieurs mariages ici », me confient les propriétaires. Originaires du nord de la France, ils n’ont pu résister à l’attrait de cette enclave boisée et reposante, entourée d’un paysage marqué par la vigne. Cette zone fut pendant longtemps un parc ouvert à tous, le parc Favier.
Aux alentours
La rivière Yonne, toute proche, est une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), qui revêt une importance régionale pour ses habitats alluviaux (forêts, prairies, plans et cours d’eau), ses milieux secs (rochers, pelouses, bois de pente)et les espèces de faune et flore qui en dépendent.
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Le jardin de Geneviève est dans la grande tradition des jardins normands, qui se doivent
d’abriter un poirier. Celui-ci est remarquable. Geneviève l’admire chaque jour avec
délectation. Sa décision de s’installer dans cette propriété il y a de cela quelques mois
tient d’ailleurs beaucoup à la présence de l’arbre... Cette histoire est donc d’abord celle
d’un coup de coeur. Il faut reconnaître que l’arbre, niché dans un écrin de verdure,
a fière allure : un tronc droit, une forme élancée, une silhouette parfaite. Partie à la pêche aux
renseignements, elle apprit des anciens du hameau que le fruitier était sans doute aussi âgé que
la maison, dont la première partie fut construite en 1640. L’histoire est belle, mais sans doute
inexacte. En matière d’arbres, le fantasme et le réel font souvent de doux mélanges. Les arbres
ont de multiples pouvoirs, dont celui de faire fonctionner l’imagination des hommes. Notre
poirier est plus vraisemblablement jeune centenaire, mais qu’importe, l’essentiel est ailleurs.
Aux alentours
Plusieurs massifs forestiers sont à découvrir : forêts de Senonches, du Perche, de Dreux, de
Breteuil, de Conches, ou encore de Châteauneuf ou d’évreux. Ils s’étendent généralement sur
des sols sableux et argileux, et abritent donc des milieux humides et aquatiques remarquables.
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A-t-on jamais vu plus grand poirier ? Plus de 20 mètres de hauteur ! Planté en 1820, greffé, il s’est mis à grimper très haut et à donner des fruits au goût incomparable. Bernard Das l’acquiert en 1944, en achetant, avec son épouse, la petite ferme sur laquelle l’arbre a pris racine.
Ce dernier devient vite leur fierté. Bernard fait du poiré, sa femme, des confitures.
Chaque année, famille et amis s’étonnent : comment un poirier non traité peut-il être
aussi grand, aussi fort, et donner autant de fruits sains par centaines de kilos ?
Bernard a vieilli aux côtés de « son » poirier, son fidèle compagnon depuis soixante-sept
ans. C’est aujourd’hui un papy de 94 ans. Comme l’incroyable arbre fruitier,
il a toujours bon pied, bon œil.
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C’est une histoire qui pourrait paraître classique : celle d’un arbre qui contribue grandement à l’achat d’une maison. Le poirier de Paulmy fait partie de ces arbres sans grandiloquence, de ces arbres qui ne font pas de bruit, paisiblement blottis dans un jardin. Ces arbres tissent un fil entre les différentes familles – qu’elles se connaissent ou non, qu’elles soient liées ou non – qui ont habité la même maison. Ces arbres sont des sentinelles, des présences ligneuses muettes, mais importantes. Jean-Noël Chaize, le propriétaire actuel, l’avoue bien volontiers, le poirier a fortement participé à le convaincre lors de l’achat de la maison. Il insiste sur l’importance de planter et de conserver les arbres, car, il le regrette, « de nos jours, nous n’avons plus la patience d’attendre et nous ne pensons pas assez aux générations futures : ne plantons pas pour nous, mais pour nos successeurs, de notre famille ou non ». Le poirier, avec ses branches tortueuses et entrelacées, est, de son aveu même, très fleuri au printemps et donne de nombreux fruits. Il sait sans doute combien on l’aime ici.
Aux alentours
La forêt domaniale de Loches (3 600 hectares) est composée essentiellement de chênes rouvres. Son relief est peu marqué, mais elle présente tout de même plusieurs vallons qui contribuent à sa biodiversité. Elle abrite ainsi de nombreuses espèces protégées, notamment chez les insectes, avec la rosalie des Alpes, le grand capricorne et le pique-prune.
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Il était une fois un tout petit pommier perdu dans une immense forêt de feuillus : la forêt de Chaux et ses chênes sacrés, ses grandes hêtraies et charmaies, avec, en son sein, le village
de La Vieille-Loye. Un jour, les enfants de l’école, hauts comme trois de ses pommes, par l’entremise de leur bonne fée, l’institutrice Martine Auriol, font entrer le petit pommier au tronc
tortueux dans leur imaginaire. Et, laissant libre cours à leur imagination, ils inventent sa légende. Comme les grandes personnes, qui ont perdu leur âme d’enfant, ont parfois du mal
à comprendre les histoires des tout-petits, ces derniers fabriquent des marionnettes-arbres pour illustrer leur conte. Et recréer l’esprit facétieux de la forêt. Tels des lutins…
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Cette candidature est un acte de foi. Celle qui anime le groupe d’éveil à la foi de Tours-sur-Marne qui la présente (photo en haut, à droite). Le choix de ses membres s’est porté
sur cet arbre, de taille somme toute assez modeste, à cause de son feuillage flamboyant qui leur a rappelé que « la foi peut donner un éclat différent au cours de nos vies ».
La couleur pourpre n’est-elle pas liée au monde de la spiritualité et de la religion ? Un banc invite d’ailleurs les promeneurs de ce beau parc de Champagne à la méditation.
Et, pour des enfants s’éveillant non seulement à la foi mais aussi à la vie de la nature, quel plus éloquent symbole de diversité que cet arbre se détachant sur le vert environnant ?
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Le raisinier bord de mer est un petit arbuste qui vit le long des côtes de
l’Amérique tropicale et dans les Caraïbes. Comme il a la faculté de résister
aux embruns, il s’adapte très bien au littoral et est souvent planté le long des
rues dans les régions côtières, comme protection contre le vent ou comme
haie ornementale. Les fleurs blanches odorantes donnent naissance, en février et mars,
à des grappes de fruits violet foncé qui ressemblent à des raisins. Ils sont comestibles et
peuvent être transformés en confiture ou ajoutés au rhum.
Cet arbre au tronc tortueux, portant de larges feuilles en forme d’éventail, avait jadis un
ami d’enfance, un autre raisin de mer, qui fut emporté par une houle déchaînée comme on
n’en avait jamais vu dans la baie. Depuis près de dix ans, il reste seul face à la mer, offrant
généreusement sa délicate silhouette au crépuscule à toutes celles et ceux, nombreux, qui
viennent admirer chaque soir le coucher de soleil.
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En sursis : voilà la situation du robinier faux-acacia de Larchant, au pays
Beauce Gâtinais en Pithiverais. Dans un secteur d’agriculture très intensive,
sous les continuels effluves carbonés et azotés des gaz d’échappement, sans
autres compagnons verticaux que d’innombrables pylônes électriques et
panneaux : voilà la situation vraiment peu enviable de notre arbre. On lui prédit même
un futur rond-point, qui pourrait sonner son glas, car ce seul arbre à des centaines de
mètres à la ronde va sans doute gêner. Notre monde ne tourne pas rond.
Pourtant, ce robinier mériterait un certain respect. Mais pas à la façon de ces vandales
qui, en 2011, l’ont attaqué à la tronçonneuse, ce qui lui vaut aujourd’hui une lourde prothèse
de métal et de béton armé… Visible à plusieurs kilomètres à la ronde, il marque
l’arrivée à Larchant, grand lieu de pèlerinage au Moyen Âge. Il pourrait avoir été planté
par Jean Robin (1550-1629), herboriste au service successif des rois Henri III, Henri IV et
Louis XIII, qui importa les premiers robiniers en Europe. Ce qui en ferait l’un des plus
vieux spécimens de France. Respect, vous avez dit respect ?
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