Cet arbre est le résultat d’un greffage entre deux variétés distinctes de hêtre : son tronc est celui d’un hêtre commun tandis que ses branches s’apparentent à la variété très singulière des faux de Verzy (Fagus sylvatica var. tortuosa). D’une envergure de plus de 40 mètres et d’une hauteur de 17 mètres, il couvre une surface considérable de 1 250 mètres carrés.
Rattaché à
La carte des arbres de France
On ne peut le manquer : il est là, dans toute sa splendeur, à étaler ses longues branches au milieu de cette ferme normande. Sa particularité est d’avoir un tronc court et une ramification des branches charpentières qui démarre tout près du sol. On devine que dès son plus jeune âge, il bénéficiait déjà de lumière et de la large place qu’on lui accorde aujourd’hui, ce qui fait de lui le noyau central de l’exploitation. En cette fin d’été, Cécile Rousselet est très affairée à ramasser les nombreux fruits de ses vergers. C’est une année prodigue. Exploitante agricole, elle récolte et transforme essentiellement des pommes et des petits fruits rouges. Son cidre est un délice. Elle connaissait le concours depuis quelques années, mais c’est la première fois qu’elle présente un arbre, son arbre. Le noyer est un refuge pour la faune, chaque année il abrite un nid de pie et, dès l’automne, les écureuils viennent y chercher des noix dont ils raffolent, c’est un plaisir quotidien de les voir. « Le noyer est un havre de paix et une source de bien-être, il fait l’admiration de nos visiteurs. Il nous fournit fraîcheur et ombre nécessaire l’été, une nourriture riche à l’automne et une vue magnifique toute l’année », confie Cécile. Sa candidature n’a pour ambition que de mettre un arbre du quotidien en valeur, un arbre auquel on se sent lié, pour sensibiliser à la préservation de la nature. C’est l’essence même du concours.
Rattaché à
La carte des arbres de France
Dans la petite commune forestière de Saint-Hubert, non loin de Metz, se cache un trésor. Au hasard d’une balade, Delphine Stegre, de l’association Hêtre vit vent, qui porte cette candidature avec la mairie, découvre un magnifique alignement d’arbres fait de hêtres, de chênes, de charmes, de houx…, il y a même un frêne tout à fait remarquable. Tous ces arbres poussent de part et d’autre d’un minicanyon constitué de petites falaises. Arrivé face à un beau hêtre, comme suspendu sur la paroi, l’émotion est difficilement descriptible. Outre son tronc parfaitement droit et son houppier vigoureux et équilibré, cet arbre trouve son originalité dans son implantation : son collet est situé en surplomb du chemin à environ six mètres de hauteur. Son aspect majestueux est renforcé par sa localisation, à l’endroit où les parois rocheuses de part et d’autre se rapprochent. Plus avant, on peut admirer son système racinaire très étendu et partiellement apparent, qui lui permet, comme à ses congénères alignés tout au long de ces petites falaises, de se maintenir et de se développer dans un contexte pourtant bien peu favorable. En effet, la paroi est composée d’une roche peu cohérente, le grès rhétien, dans laquelle la végétation a généralement du mal à s’installer durablement en raison de sa friabilité. Pourtant, depuis une centaine d’années, il reste malgré tout solidement ancré dans le sol, telle une magnifique et bienveillante Lorelei végétale.
Rattaché à
La carte des arbres de France
Originaire des vallées du Caucase – cette chaîne de montagnes qui sépare l’Europe de l’Asie et qui fait le trait d’union entre la mer Noire et la mer Caspienne –, le noyer du Caucase a été introduit en France en 1784. Cette essence a depuis été utilisée à des fins ornementales dans une grande partie de l’Europe, grâce notamment à ses capacités naturelles de multiplication, qui lui valent aussi d’être une plante invasive dans certaines régions. Il en existe de remarquables dans des parcs et jardins parisiens. Celui du domaine de Fresnoy, à Loison-sur-Créquoise, en impose aussi. Son feuillage élégant, qui rappelle celui du frêne (d’où son nom scientifique), et ses spectaculaires grappes de fruits qui pendent et peuvent atteindre 50 centimètres de long, surprennent ! Ce n’est pas Florence
Karras, la propriétaire, qui irait démentir : alors qu’elle cherchait en 2021 un lieu pour s’installer
et développer une proposition de tourisme expérientiel autour de la nature et des arbres, elle est tombée amoureuse du domaine et de cet arbre d’une élégance folle. Deux ans plus tard, le noyer poursuit son offensive de charme : alors même que nous sommes en train de réaliser les images de son arbre en sa compagnie, son téléphone sonne. Elle apprend qu’il vient d’obtenir le label « Arbre remarquable de France ». Une larme de joie perle sur sa joue. Elle est définitivement conquise.
Rattaché à
La carte des arbres de France
L’if d’Estry a beaucoup d’amis à la mairie, à commencer par monsieur le Maire, Didier Renouf, fier de présenter ce vénérable gardien du temple. Son âge ? Entre 1600 et 1800 ans !
C’est sûrement l’arbre le plus âgé de ce concours, voire d’Europe ! Sur le vert foncé de ses aiguilles tranche le rouge vif de ses arilles. Fidèle à la tradition – à cause de sa toxicité ? –, il trône au beau milieu du cimetière qui entoure la petite église. En témoin de la grande histoire et symbole de résistance : à onze reprises, pendant la Seconde Guerre mondiale, Estry fut perdu
puis repris par les Alliés au cours d’intenses combats. Le village fut presque entièrement détruit. L’if, lui, est resté debout, à côté de l’église en ruines. Mémoire, toujours vivante, d’Estry.
Rattaché à
La carte des arbres de France
L’histoire de cet if est étroitement liée à celle de l’actuel cimetière d’Antrain de Val-Couesnon, dont la création date du tout début du XIXe siècle. Les recherches que nous avons entreprises donnent à penser que cet if atteint l’âge respectable d’environ 220 ans », soulignent François Closset et Christian Marochain, de l’association Fougères Environnement. Arbre de la mort pour certains, de la vie pour d’autres, cet if abrite sous son couvert la tombe d’un ancien médecin de la commune, réputé détenir le pouvoir de faire marcher les jeunes enfants en retard. De nos jours, des parents viennent encore s’y recueillir de temps à autre dans l’espoir d’accélérer les premiers pas de leur bambin. L’if
présente la particularité de posséder à la fois un port de houppier libre et un court tronc entouré d’une topiaire en forme d’ogive, ce qui est unique dans la région. La facilité avec laquelle l’if produit des bourgeons, et donc des gourmands, a permis aux jardiniers successifs de façonner cette topiaire qui masque entièrement le tronc trapu. On ne sait d’ailleurs pas trop pourquoi la taille a été ainsi réalisée… Mais il en résulte une silhouette champignonesque originale qui donne un cachet
tout particulier à l’endroit.
Rattaché à
La carte des arbres de France
Pour admirer le gros chêne au sommet du baou (rocher en provençal) de la Gaude, à Saint-Jeannet, dans l’arrière-pays niçois, il faut être motivé et marcher une heure et demie depuis le centre historique. Entouré de quatre murs en pierres sèches, tout porte à croire qu’il a grandi au milieu d’une bergerie en ruines. Un autre élément attire l’attention sur cet arbre unique : de nombreux tas de pierres ou clapiers. Ceux-ci sont les témoins d’une technique extrêmement efficace permettant de créer par condensation une zone d’humidité favorable à la croissance de l’herbe. On raconte qu’il s’agissait d’un chêne sacré près duquel des cérémonies druidiques auraient eu lieu. On remarque encore aujourd’hui qu’une petite pierre polie a été positionnée à l’est de l’arbre. Pierre à sel, pierre d’autel ou pierre sacrificielle ? Un chêne sacré peut-être, mais pas uniquement d’un point de vue mystique, car il l’était aussi pour les troupeaux de moutons et de chèvres. En effet, il fut un temps où les terrasses alentour étaient cultivées et les troupeaux menés ici en pâturage. À l’ère révolue du pastoralisme à Saint-Jeannet, dont le saint patron est un berger, un seul arbre à la ronde procurait une ombre généreuse et de la fraîcheur, c’était lui, le fameux gros chêne. Aujourd’hui, ce sont les randonneurs qui se délectent de ses bienfaits. L’arbre a longtemps appartenu à des particuliers et c’est très récemment qu’il a été offert à la commune sous la forme d’un don. Le notaire étant sur le point de finaliser la succession, il est envisagé la mise en place d’une signalétique patrimoniale, qui parlera bien entendu de son histoire, liée à son implantation géographique et géobiologique, et appuie l’idée que ce chêne a pu être par le passé un arbre sacré. Mais pitié, pas de panneaux à proximité immédiate, et encore moins sur l’arbre lui-même !
Rattaché à
La carte des arbres de France
Le jardin public de l’hôtel de ville de Fontenay-le-Comte, d’une surface de cinq hectares, se situe au cœur de la cité, sur la rive droite de la Vendée. C’est un jardin paysager et non géométrique à l’anglaise, typique du milieu du XIXe siècle, qui privilégie l’irrégularité avec des lignes courbes, des effets naturels, un bassin, des allées sinueuses et une rivière anglaise traversée par deux petits ponts en rusticage. On y trouve aussi quelques « fabriques », ces miniatures d’édifices très tendance à cette époque romantique, comme une grotte artificielle, faisant référence au bosquet des rocailles du jardin de Versailles, et une rocaille. Il y a, dans ce jardin très bien entretenu, un bel inventaire d’arbres : des pins, des cyprès, un palmier de Chine, un cèdre pendulaire, un yucca, un if topiaire, une haie de tilleuls, des arbres des pagodes, un tulipier de Virginie, des magnolias, un micocoulier, un cèdre pleureur, un hêtre et un frêne pleureurs et un séquoia géant de belle facture (5,8 mètres de circonférence). Il y a aussi plusieurs platanes, dont cinq sont imposants et très élancés, qui constituent un bouquet remarquable. Stéphane Barbier, de l’association A.R.B.R.E.S., qui a présenté la candidature, n’a pour seule ambition que de sensibiliser à la protection des arbres : « L’arbre est un élément de notre patrimoine, de notre Histoire, il devrait être protégé au même titre que le patrimoine historique. » Il me précise qu’il y a un gros noyau de platanes remarquables dans cette partie de la Vendée : ceux de Fontenay-le-Comte sont une belle occasion d’attirer l’attention sur ces arbres. Objectif réussi !
Rattaché à
La carte des arbres de France
La découverte de ce robinier monumental dans un parc privé de Saint-Pol-de-Léon, dans le Finistère, à quelques encablures de la mer, résulte d’une rencontre entre David Happe, expert arboricole, et les propriétaires, M. et Mme de Sagazan. Ces derniers s’inquiétaient de l’état de l’arbre, dont ils ignoraient le caractère remarquable. Ils font appel à l’expert qui se rend sur place pour examiner le supposé malade et c’est un véritable choc : non seulement l’état de santé est très bon, mais de plus il s’agit d’un spécimen comme il n’en a jamais vu ! David Happe entreprend alors des recherches qui mènent à une conclusion claire et nette : avec un tour de taille de 5 mètres, le robinier du manoir de Gourveau est le plus gros robinier de Bretagne et il s’agit même de l’un des trois plus gros spécimens de France, le premier se situant dans la Vienne, avec 5,8 mètres de circonférence. Et il figure parmi les vingt sujets les plus imposants d’Europe. Sacrée découverte ! À défaut d’archives sur sa date d’implantation, on se prête à imaginer que l’arbre pourrait être contemporain du manoir construit en 1638, après avoir été peut-être débarqué sur les quais de Roscoff (à moins de 5 kilomètres vers le nord) par un navigateur-botaniste averti ? Sur la proposition de David, M. et Mme de Sagazan acceptent de l’inscrire au concours de L’Arbre de l’année 2022. Vous connaissez la suite.
Rattaché à
La carte des arbres de France
On le voit de loin quand on approche du domaine du Haut-Vernay, mais c’est véritablement à son pied que l’on découvre les dimensions extraordinaires de ce cèdre du Liban. Il est comme un bouquet d’arbres, une cépée de huit troncs qui montent vers le ciel, à près de 30 mètres, presque à vouloir chatouiller les nuages. Sa circonférence approche les 7 mètres à hauteur d’homme, mais tutoie les 10 mètres à la souche, au niveau du collet. « Il était bien plus grand avant », me confie Philippe Soulassol, le propriétaire. « Quand nous avons acheté la maison, qui n’était plus habitée depuis des années, le cèdre avait vraiment pris ses aises, il recouvrait pratiquement toutes les toitures et il a fallu évidemment le contenir, car il mettait en péril les bâtiments. C’est ainsi que trois grosses charpentières ont été coupées, il y a une trentaine d’années, et des haubans ont été posés à différents endroits, il y a dix ans. » Aujourd’hui, c’est un arbre très équilibré, il trône dans la cour en forme de U et son houppier est très aérien : il fait la joie et la fierté de ses propriétaires. Il a été classé « arbre remarquable » en 2018. Situé en pleine nature, entre bois et champs, le domaine accueille beaucoup d’oiseaux : des mésanges, des pigeons, des tourterelles… Tout ce petit monde ailé profite largement du cèdre, y compris la nuit, car on retrouve régulièrement au sol des pelotes de réjections et des fientes de la chouette effraie. Les fouines aussi s’en donnent à cœur joie, avec tous ces troncs et branches à grimper et dévaler.
Rattaché à
La carte des arbres de France