Chêne — Concours de L’Arbre de l’Année

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Chêne

Grand Est

Lauréat 2025
  • C’est une île ligneuse au milieu d’une morne plaine. Isolé dans une plaine agricole de Jully-sur-Sarce ayant subi les affres de trop nombreux remembrements, ce chêne pédonculé est un refuge essentiel pour la faune et la flore dans un paysage largement appauvri. Il y amène aussi une indéniable beauté, et ce n’est pas rien. Isolé, mais pas seul, loin s’en faut. Il est un écosystème à lui seul, offrant une mosaïque d’habitats
    pour de nombreuses espèces bien plus petites que lui. Son emplacement solitaire au coeur de la plaine favorise un face-à-face rare, presque intime, avec la nature. Se tenir auprès de lui, c’est ressentir à la fois sa force tranquille et le poids des siècles qu’il incarne. Il faut dire qu’il en impose, cet arbre remarquable, par ses dimensions : un tronc monumental, d’une circonférence de 8,5 mètres, creusé d’une vaste cavité basale, héritée d’un impact de foudre et d’un incendie ancien, autrefois si large qu’elle permettait à plusieurs personnes de s’y tenir debout, et une hauteur de plus de 25 mètres, avec une ramure puissante et équilibrée. Et son âge, canonique ! Il est estimé entre 500 et 800 ans. Un véritable géant.


  • Description naturaliste de l'arbre

    • Essence : Chêne pédonculé
    • Nom scientifique : Quercus robur
    • Famille : Fagacées
    • Circonférence : 8,5 m
    • Hauteur : 25 m
    • Âge estimé : Entre 500 et 800 ans.

  • Espèces animales ou végétales abritées

    Une découverte en 2026 ! Un sanctuaire pour les chauves-souris

    L'étude menée par Bruno Fauvel, chiroptérologue reconnu, a permis d'identifier pas moins de 17 espèces de chauves-souris sur les trois sites étudiés — un résultat remarquable, dont 15 espèces recensées au pied même du Chêne de Chanceron. Parmi elles, plusieurs espèces à forte valeur patrimoniale : le Petit Rhinolophe et le Grand Rhinolophe, la Barbastelle d'Europe, le Murin à oreilles échancrées et le Grand Murin, aux côtés de plusieurs espèces de pipistrelles, de noctules et d'oreillards.

    La vaste cavité basale du chêne, creusée par un ancien impact de foudre et un incendie, autrefois assez large pour accueillir plusieurs personnes debout, offre aujourd'hui un gîte idéal à ces petits mammifères volants. Elle illustre à elle seule comment un arbre remarquable peut, au fil des siècles, devenir un habitat à part entière.

    Cette diversité exceptionnelle témoigne de l'importance du chêne et de son environnement immédiat comme élément d'un réseau écologique favorable aux chauves-souris, dans une période particulièrement sensible correspondant à la mise bas et à l'élevage des jeunes. Elle confirme aussi le rôle de refuge que joue cet arbre isolé au sein d'une plaine agricole largement remembrée, où les habitats naturels se font rares.

    Cette étude apporte un éclairage nouveau sur la valeur écologique du Chêne de Chanceron, bien au-delà de ses dimensions patrimoniales, paysagères et historiques. Une découverte qui vient enrichir un peu plus le récit de cet arbre qui, décidément, n'a pas fini de nous révéler ses secrets !

  • Commentaires

    Prix coup de coeur La Forestière

  • Année de candidature

    2025

  • Credit photo

    E.Boitier

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