C’est un rescapé du grand remembrement qui devait faire partie d’une haie séparant deux champs, comme il y en avait tant d’autres, jadis. Un beau jour de 2021, son propriétaire a rencontré une association dénommée Les Garnemants, qui s’était mis en tête de redonner à la biodiversité ses lettres de noblesse. Il
leur a permis d’investir le royaume d’herbes folles dans lequel vivait le chêne pédonculé des Rautardières, à
Challans, pour lui apporter une compagnie un peu plus ligneuse. Les bipèdes se sont mis à planter autour de lui des arbres fruitiers et bocagers, un jardin médicinal, à creuser une mare et un puits, et surtout à lui offrir un bel écrin : un théâtre de verdure face auquel il trône fièrement. De quoi envisager de pousser sereinement, d’autant que ses nouveaux gardiens ont apposé en 2024 leur paraphe sur un document le protégeant pour les quatre-vingt-dix-neuf prochaines années. L’ensemble du terrain a été placé sous la protection d’une Obligation réelle environnementale, un acte notarié dans lequel la préservation du – futur grand – chêne est spécifiquement notifiée.
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Le micocoulier de Provence est une espèce circumméditerranéenne dont on connaît depuis longtemps les bienfaits thérapeutiques. Ses fruits, les micocoules, qui ressemblent à de très petites cerises, et ses feuilles, soignent les dérangements du ventre et ont des vertus astringentes et cicatrisantes. On mangeait jadis les fruits crus ou on les faisait macérer dans l’alcool, afin de s’en servir en garniture ou pour confectionner de délicieuses tartes. L’huile est utilisée pour ses effets relaxants et équilibrants, elle est réputée pour entraîner une véritable sensation de bien-être. Ce micocoulier de 250 ans fait partie intégrante du patrimoine vençois, la ville d’eau ayant toujours favorisé diverses essences.
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Il ne figure sur aucune carte, mais ceux qui le croisent ne l’oublient pas. Dans un jardin d’un hameau de Béduer se dresse un chêne majestueux, calme comme un vieux sage, profond comme la terre du Quercy. Je n’étais qu’un passant quand je suis venu visiter cette demeure. Ce n’était qu’une étape, une recherche parmi tant d’autres, mais quelque chose s’est produit. Je l’ai vu, lui, et tout en lui me disait : ‘‘ Ne cherche pas plus loin, tu es arrivé. C’est ici, c’est chez toi. ’’ Le chêne m’a choisi. Depuis ce jour, je vis sous sa protection. Il ne parle pas, mais ses feuilles murmurent quand je passe. Ce chêne n’est pas un arbre, c’est un témoin du temps. Il est une mémoire vivante, enracinée dans le calcaire du causse, comme un pilier planté dans l’histoire. Son écorce est une carte ancienne que je ne sais pas lire, mais je sens que chaque fissure, chaque noeud, contient des secrets. Il m’apprend ce que les arbres savent : être fort sans arrogance, grand sans domination, présent sans bruit. Et dans ce monde où tout s’agite, il m’enseigne l’essentiel. L’ancrage, le silence, la patience, la paix. » Ce chêne n’est pas le plus imposant ni le plus esthétique de ce concours, mais ces mots, qui sont ceux de Tony, son propriétaire, en sont l’essence même : parler du lien unique entre les arbres et les êtres humains.
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Parmi les très nombreux arbres que Jacques-Joseph Juge de Saint-Martin, un agronome du Limousin, a planté à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle figure ce magnifique tulipier de Virginie, à Couzeix. Il s’élève à 33 mètres de hauteur et son tronc atteint 6,2 mètres de circonférence. C’est peu dire que son houppier forme une imposante cathédrale végétale, agrémentée à la belle saison de milliers de fleurs odorantes. La Société centrale d’agriculture de Paris, dont il fut correspondant, lui a décerné une
médaille d’or pour « avoir mis les cultivateurs de son voisinage à portée de se procurer, chaque année, des milliers d’arbres de différentes espèces, qui n’avaient jamais été cultivées dans son canton ». Avec la pépinière qu’il a créée, il a fait venir et propagé avec passion de nombreusesessences exotiques. Les jardins et les vergers du Limousin se sont ainsi considérablement enrichisde ces arbres ornementaux, tel ce tulipier, originaire de l’est de l’Amérique du Nord.
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L’arbre est unique en son genre : vu de profil, on imagine aisément le bas d’une silhouette humaine, aux formes généreuses. Même un artiste n’aurait pas fait mieux tant la forme est suggestive. En son creux se dévoile une cavité large et profonde dans laquelle on peut trouver un abri. C’est un arbre têtard, une ancienne trogne, dont on destinait jadis les branches nouvelles au menu des troupeaux ou au bois de chauffage. C’est un marqueur du paysage normand que tous les habitants de la commune de Villedieu-lès-Bailleul connaissent, car il est situé en bord de route. Un peu trop près d’ailleurs, les voitures le frôlent
à des vitesses déraisonnables et l’épareuse ne manque pas de lui infliger de vilaines cicatrices.
Certains de ses proches voisins ne s’en remettent pas. Les frênes ont souvent été plantés le long des
cours d’eau pour stabiliser les berges. C’est ici le cas, une petite rivière court au pied de ce trésor
végétal. En puisant des nutriments dans le sol, le têtard participe à en purifier naturellement
les eaux discrètes. Rien que pour cela, il mériterait bien plus d’attention.
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Ce cèdre a été planté dans une propriété privée de Livry, probablement au tournant des années 1750. À cette époque, la propriété du Grand Berceau appartenait au duc des Lorges, qui y fit aménager un parc à la française. Après sa mort, elle passe de main en main, jusqu’en 1930, où la commune en devient propriétaire afin de conserver certains éléments pour leur valeur esthétique et permettre aux services municipaux de s’y installer. Depuis lors, les différentes municipalités ont toujours eu soin de préserver
ce cèdre, même lorsque la Nationale 3 a été élargie en 1959, et d’en assurer sa conservation. L’arbre a été rattrapé par la ville et l’agitation perpétuelle des citadins. Ce qui ne lui empêche pas de présenter aujourd’hui une fière allure, avec des charpentières presque horizontales et
imposantes et un houppier en plateau, qui fait de lui un point de repère incontournable dans la
ville. Un phare végétal !
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Fierté du parc François-Mitterrand d’Hellemmes, ce hêtre lacinié est l’un des arbres les plus emblématiques du patrimoine arboré local. Planté vers 1870, bien avant la construction du château Fanyau tout proche (qui abrite la mairie), c’est aujourd’hui un arbre élégant, dont l’âge est estimé à 155 ans. Sa silhouette conique bien dessinée, sa forme de greffon remarquable ainsi que la finesse de son feuillage profondément découpé lui confèrent une allure unique. Au printemps, ses feuilles d’un vert brillant rappellent les frondes des fougères, tandis qu’à l’automne elles se parent d’éclatantes teintes rouges et orangées. Il a été classé remarquable en 2022, pour sa rareté régionale et pour ses qualités morphologiques. Un suivi écologique rigoureux assure sa préservation. Seule une taille sanitaire est autorisée et une borde spécifique a été installée pour éviter le tassement des racines et accueillir les feuilles mortes à l’automne. Une ville aux petits soins pour ses arbres.Il faut la féliciter, elles sont certes de plus en plus nombreuses, mais pas encore assez…
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C’est une île ligneuse au milieu d’une morne plaine. Isolé dans une plaine agricole de Jully-sur-Sarce ayant subi les affres de trop nombreux remembrements, ce chêne pédonculé est un refuge essentiel pour la faune et la flore dans un paysage largement appauvri. Il y amène aussi une indéniable beauté, et ce n’est pas rien. Isolé, mais pas seul, loin s’en faut. Il est un écosystème à lui seul, offrant une mosaïque d’habitats
pour de nombreuses espèces bien plus petites que lui. Son emplacement solitaire au coeur de la plaine favorise un face-à-face rare, presque intime, avec la nature. Se tenir auprès de lui, c’est ressentir à la fois sa force tranquille et le poids des siècles qu’il incarne. Il faut dire qu’il en impose, cet arbre remarquable, par ses dimensions : un tronc monumental, d’une circonférence de 8,5 mètres, creusé d’une vaste cavité basale, héritée d’un impact de foudre et d’un incendie ancien, autrefois si large qu’elle permettait à plusieurs personnes de s’y tenir debout, et une hauteur de plus de 25 mètres, avec une ramure puissante et équilibrée. Et son âge, canonique ! Il est estimé entre 500 et 800 ans. Un véritable géant.
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Entre le célèbre col de Bavella et la vallée de la Solenzara, en Corse, à environ 500 mètres d’altitude, ce chêne pubescent plusieurs fois centenaire attire inévitablement l’attention par son port équilibré et harmonieux. Mais ce qui fait sa plus grande originalité et lui confère son aspect le plus remarquable se trouve en fait à son pied. Cet arbre a en effet poussé entre deux monolithes naturels, deux gros blocs de granit de plusieurs mètres de hauteur. Il recouvre une bonne partie de l’un d’eux d’un solide manteau ligneux qui l’enserre progressivement, on pourrait même dire amoureusement : c’est ce qui frappe le
plus quand on regarde le chêne, on dirait qu’il embrasse le rocher. Une fusion entre le bois et la pierre… La circonférence de son tronc est de 4,30 mètres et il grimpe à plus de 20 mètres de hauteur, avec une frondaison dont le recouvrement est estimé à 300 mètres carrés. Il ne laisse personne indifférent, c’est certain.
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C'est une histoire somme toute ordinaire. À la recherche d’un nouvel endroit où vivre, un couple visite une maison flanquée d’un terrain qui abrite un arbre qui lui ne l’est pas, ordinaire. La cerise sur le gâteau. Venu pour une maison, il repart avec en tête un rêve ligneux, fait de branches somptueuses et de feuillages étincelants. La maison, elle est très bien, mais à la vérité le couple ne l’a qu’à peine regardée… Il faut dire
que dans le parc du domaine Saint-Hilaire, à Meung-sur-Loire, ce ginkgo a fière allure : avec un tronc puissant de 5,1 mètres de circonférence, ce trésor ornemental originaire de Chine vous ensorcelle de tous ses charmes. C’est sans aucun doute l’un des plus beaux spécimens de la région Centre-Val de Loire, et même au-delà. Vraisemblablement planté à la construction de la maison, il doit être âgé d’environ 170 ans. Rappelons que le ginkgo est l’unique survivant d’une famille d’arbres apparue à l’ère primaire et qui a connu son apogée au jurassique. Il s’agirait de la plus ancienne espèce d’arbre connue, qui n’a pratiquement pas évolué depuis des millions d’années. Sa culture est séculaire en Chine, dans les monastères, d’où il a été importé vers le Japon et la Corée, autour du XIIe siècle, avant d’être introduit bien plus tard en Europe, au XVIIIe siècle.
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